domingo, 1 de outubro de 2017

Maurice Magre, "Je ne t'aime pas"



Maurice Magre - (Toulouse 1877 -  Nice 1941) foi um romancista, dramaturgo e poeta francês.
Em 1924 o jornal le Figaro descrevia-o assim: "Magre est un anarchiste, un individualiste, un sadique, un opiomane. Il a tous les défauts, c’est un très grand écrivain. Il faut lire son œuvre." 

Ainsi tu vieilliras loin de moi, et des peines
Que je ne saurai pas te viendront à pas lents,
Je ne scruterai pas les ombres de tes veines,
Je ne compterai pas tes premiers cheveux blancs.

Au foyer inconnu dans un fauteuil antique,
Près d’un jeune miroir tu t’assiéras, songeant,
Et parmi la douceur des ombres domestiques,
Tu seras grave et douce avec des mains d’argent.

Peut-être avec regret en te voyant moins belle,
Te rappelleras-tu ta grâce et ton éclat ?
Pour t’expliquer l’attrait de ta beauté nouvelle
Et pour te consoler je ne serai pas là.

Je ne connaîtrai pas les meubles et les choses,
Quels livres préférés seront alors les tiens.
Tu chanteras des vers, tu toucheras des roses,
Et des vers et des fleurs, moi je ne saurai rien.

Je ne percerai pas le mystère des chambres
Où tu vivras. L’oubli gardera ta maison.
Et quand l’âge à la fin te glacera les membres,
Un autre pour la mort sera ton compagnon…

                                                     Maurice Magre, 1913

A poesia de Magre também foi musicada, sendo esta canção uma das mais conhecidas:
Je ne t'aime pas (1934)

https://youtu.be/7a9xNa9H7tQ

"Retire ta main, je ne t'aime pas,
Car tu l'as voulu, tu n'es qu'une amie,
Pour d'autres sont faits, le creux de tes bras,
Et ton cher baiser, ta tête endormie.

Ne me parle pas, lorsque c'est le soir,
Trop intimement, à voix basse même,
Ne me donne pas surtout ton mouchoir,
I l referme trop le parfum que j'aime.

Dis-moi tes amours, je ne t'aime pas,
Quelle heure te fut la plus ennivrante,
Je ne t'aime pas,
Et s'il t'aimait bien, ou s'il fut ingrat,
En me le disant, ne sois pas charmante,
Je ne t'aime pas.

Je n'ai pas pleuré,
je n'ai pas souffert,
Ce n'était qu'un rêve et qu'une folie,
Il me suffira que tes yeux soient clairs,
Sans regret du soir, ni mélancolie. 

Il me suffira de voir ton bonheur,
Il me suffira de voir ton sourire,
Conte-moi comment il a pris ton coeur,
Et même dis-moi ce qu'on ne peut dire.

Non, tais-toi plutôt, je suis à genoux,
Le feu s'est éteint, la porte est fermée,
Je ne t'aime pas,
Ne demande rien, je pleure, c'est tout,
Je ne t'aime pas,
Je ne t'aime pas, oh ma bien aimée!

Retire ta main, je ne t'aime pas,
Je ne t'aime pas...oh ma bien aimée!"

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